Au XVIIIème siècle, avant la papeterie, le secteur était déjà occupé par de nombreux moulins. C'est en rachetant une poignée d'entre eux en 1775 que les frères Sauvade fondèrent la manufacture qui allait devenir la "Papeterie d'Essonnes". Revendue à l'imprimeur Pierre-François Didot en 1789, elle entra une première fois dans l'histoire en 1798 lorsque Louis Nicolas Robert y inventa la première machine à papier en continu. Après avoir traversé les troubles de la Révolution Française, elle connut une période de relative prospérité avant que des évènements imprévus marquent un nouveau tournant dans son existence. Victime de deux incendies, la papeterie mise en faillite fût rachetée en 1867 par Aimé-Stanislas Darblay, qui la confia à son fils Paul. C'est sous leur direction que la "Société anonyme des papeteries Darblay" devait connaître sa période la plus faste, et adopter rapidement son aspect quasi définitif malgré quelques ajouts plus modernes au XXème siècle.
Ce qui frappe en découvrant la papeterie, au delà de sa taille, c'est l'unité et le raffinement de son style. Traversée par l'Essonne qui offre un miroir à ses façades, elle est aussi élégante qu'un site industriel peut l'être : murs en meulières, parements en briques polychromes, grandes fenêtres en plein cintre, toits bordés de ballustrades, passerelles aériennes, etc. On doit ce raffinement à deux ingénieurs architectes du XIXème siècle, Jules Denfer et Paul Friesé, dont le style fut largement respecté et repris par les architectes qui aménagèrent ultérieurement le site.